Longtemps, je me suis dit que je mourrais jeune. J'imaginais que c'était mon destin de ne pas faire de vieux os, comme mon père, décédé à 35 ans, alors que j'en avais 10.
Je m'étais presque résignée. J'étais convaincue.
Et puis, un mois avant mes 35 ans, j'ai rencontré Pierrick. Deux semaines avant mes 35 ans, j'ai appris que lors de cette première rencontre, nous avions fabriqué un enfant. Le jour de mes 35 ans, nous avions déjà tout décidé : nous allions garder ce bébé et j'allais tout faire pour pouvoir le rejoindre le plus vite possible. C'était certes un pari fou, nous nous connaissions à peine, mais c'était aussi et surtout une évidence. La vie, l'univers, le destin nous avaient fait nous rencontrer. Avaient créé cet être qui désormais nous lierait à jamais. Il n'était pas question de les ignorer.
J'ai récemment fêté mes 37 ans. Aujourd'hui, ma vie a complètement changé. Je n'aurais jamais pu me projeter dans un quotidien comme celui-ci, il y a quelques années.
Ce quotidien, il est fait de hauts et de bas. Il y a parfois des larmes, des cris et des disputes. Il y a parfois des enfants chiants et des parents fatigués. Il y a parfois des questionnements angoissants à propos de l'avenir professionnel ou financier.
Mais il n'y a jamais de remise en question. Je suis où j'ai envie d'être. Je suis avec lui, avec eux. Je suis chez moi, à ma place.
J'ai passé la barre des 35 ans, mais est-ce pour autant gagné, suis-je pour autant sauvée ?
Ces jours-ci, j'ai des pensées morbides, comme si je n'allais pas voir ma fille grandir, comme si elle allait grandir sans mère. Et j'ai peur.
Je prends le taureau par les cornes et vais aller consulter. J'ai besoin d'être rassurée. Ou au moins d'être fixée. Je prie beaucoup. Je veux encore du temps avec lui, avec eux. J'ai peur.
Isa
Billet écrit le matin du mercredi 7 septembre 2022.
Etat d'esprit : mon rendez-vous chez le médecin est ce soir. J'ai peur.
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